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L’enseignement

Les styles de yoga sont nombreux et quand il s’agit de choisir lequel nous convient le mieux, on se rend vite compte qu’il n’y a pas un mais des yoga. Un peu comme la musique, il y a des genres musicaux différents. On peut préférer le registre « classique » au « jazz » ou « à la musique sacrée », mais au final c’est bien de musique dont on parle, de notes, de rythmes, de tempo…

Pour le yoga, c’est pareil, chaque courant (kundalini yoga, ashtanga yoga, hatha yoga, yoga nidra, Iyengar yoga, etc.) présente ses propres spécificités, mais tous partagent la même finalité – mettre en relation le corps, le souffle et l’esprit et les amener à l’équilibre et à l’harmonie.

L’enseignement proposé à l’Atelier du yoga correspond principalement au yoga traditionnel tel que transmis par T.K.V. Desikachar. Tout en gardant son ancrage dans la tradition, la pratique est parfois influencée par d’autres courants de yoga ou d’autres approches corporelles au gré des inspirations, des besoins exprimés par les élèves, des saisons.

L'enseignante - Dolores Ferrari

Géographe de formation, j’ai été active dans le domaine de l’éducation à la nature pendant près de vingt ans.

Le chemin qui mène au yoga est souvent d’une grande richesse et le fruit de longs tâtonnements ou errements ! J’ai découvert le yoga dans un moment de grand questionnement, alors que le sport m’apportait parfois plus de confusion que de bien-être.

Le yoga m’a permis de relier dans une seule discipline tout ce qui essentiel à mon équilibre : l’accès à la spiritualité au travers du corps et du lien à la nature.

J’ai étudié le yoga dans la tradition de T.K.V. Desikachar, fils et élève de Sri Krishnamacharya. Mon enseignement principal m’a été transmis par Malek Daouk, lui-même élève de TKV Desikachar, auprès de qui il a reçu un enseignement à Chennai (Madras) en Inde pendant près de 30 ans. J’ai suivi ma formation de 2009 à 2016 à l’EFEY (Etudes et Formation à l’Enseignement du Yoga) à Lausanne.

Je suis membre et diplômée de l’Association professionnelle Yoga Suisse. J’ai commencé à enseigner le yoga en 2014, principalement à mon domicile ainsi que dans différentes structures.

Un enseignement de qualité, dans la joie et le respect de la tradition du yoga qui m’a été enseigné, sont des notions qui me tiennent à cœur.

Je me réjouis de pouvoir partager cette passion avec vous !

Les Maîtres fondateurs

Traditionnellement, la transmission du yoga se faisait dans l’oralité et dans un rapport de maître (guru ou âcârya) à disciple. Parmi les personnages importants qui ont imprégné la transmission du yoga en Inde (plus spécifiquement en Inde du Sud), il est un personnage incontournable, le légendaire yogi Tirumalai Krischnamacharya. Personnalité marquante, grand érudit, sanskritiste ayant étudié tous les darshana (école de pensée indienne) et aussi la médecine ayurvédique, il est reconnu aujourd’hui encore comme l’un des pères du yoga contemporain. La transmission de la tradition du yoga s’est fortement appuyée sur sa science et son enseignement.

Tirumalai Krishnamacharya (1888-1989)

Une grande partie du yoga pratiqué aujourd’hui en Europe et dans le monde entier provient de cette source commune. Il se peut bien que son nom ne vous dise rien et pourtant T. Krishnamacharya a été le maître de la plupart des enseignant-e-s de yoga qui ont fortement influencé ou influencent encore le monde du yoga aujourd’hui : B.K.S. Iyengar, Pattabhi Jois, T.K.V. Desikachar, Sri Bhashyam, Indra Devi, etc.

Né en 1888 dans le sud de l’Inde (état du Karnataka), T. Krishnamacharya est initié par son père au yoga et au sanskrit dès son plus jeune âge (5 ans). A partir de 12 ans, il se forme à l’enseignement classique des brahmanes. A 25 ans, il part vivre au Tibet auprès d’un maître de grande notoriété, Sri Rama Mohana Brahmâchari. Pendant 7 ans, il réside au pied du mont Kailash au bord du lac Manasarovar avec la famille de son gourou, et reçoit un enseignement complet des grands textes de référence du yoga. De retour en Inde, il se marie en 1925 et se consacre à la pratique et à l’enseignement du yoga et cela jusqu’à son dernier souffle. Il décède en 1989 à Chennai (ex-Madras) à l’âge de 101 ans.

T.K.V. Desikachar (1938-2016)

Quatrième enfant de T. Krishnamacharya, T.K.V. Desikachar est fasciné par l’extraordinaire connaissance de son père et la transformation de ses élèves. Après une première formation d’ingénieur, il se réoriente vers le yoga et sera l’élève privilégié de son père pendant près de 30 ans (1966 à 1989).

En 1976, il fonde à Chennai le Krishnamacharya Yoga Mandiram (KYM) dans le but de partager et transmettre les aspects des enseignements de son père. Cet institut à but non lucratif est aujourd’hui géré par un de ses trois enfants, Kaustub Desikachar.

Desikachar a quitté la Terre en 2016 à 78 ans. Il laisse en héritage un yoga ouvert, non dogmatique et non rigide et qui s’adapte à chacun et chacune. Eminent pédagogue, il a contribué à démystifier le yoga, à l’extraire de son cocon traditionnel pour le rendre accessible à tous. Il rejetait la standardisation du yoga générée par une dénomination, un style, voire même une marque. Il n’a jamais donné de nom autre que celui de « yoga » à son enseignement.

Les enseignant-e-s/formateur-trice-e et élèves de T.K.V. Desikachar

L’enseignement de T.K.V. Desikachar se perpétue aujourd’hui à travers ses nombreux élèves qui ont pour la plupart créé leur propre école de formation :

Le yoga de Desikachar ou yoga de Madras

L’enseignement de T. Krishnamacharya et de T.K.V. Desikachar s’appuie fortement sur la philosophie des yoga-sutra de Patanjali. Voici une présentation simple des quelques principes caractéristiques de l’enseignement du yoga de Desikachar, appelé parfois aussi « yoga de Madras » :

1. La notion d’adaptation ou personnalisation de la pratique

La pratique doit être adaptée aux besoins et aux capacités de l’élève, en fonction de l’âge, du sexe, de la période de l’année, le moment de la journée, et de la condition physique et psychique.

Pour faciliter cette adaptation de l’enseignement à chaque élève, le cours particulier est conseillé. L’état de l’élève, ses besoins, ses capacités, son âge, sa vitalité, sont autant de facteurs à prendre en compte que la saison, le mois en cours, l’heure de la journée, le lieu de la pratique, etc.

Dans le cadre des cours collectifs, ceci se traduit pour une observation attentive de l’élève par l’enseignant-e et de l’élève envers lui –même. Le professeur peut adapter les postures, leur durée, leur intensité mais en veillant à garder le concept principal de la posture. Quant à l’élève, il est suffisamment à l’écoute de lui-même pour doser ses efforts et garder l’axe principale de la posture. Lorsque le corps ne peut pas pratiquer une posture ou ses variantes, celles-ci peuvent être réalisées mentalement : cette visualisation produit également des effets.

C’est le yoga qui doit s’adapter au pratiquant et non pas le pratiquant au yoga.(YS III.6)

2. La notion de concentration (bhâvanâ)

Bhâvanâ veut dire « concentration sur…» ; on le traduit aussi par « objet de concentration ». Il s’agit de concentration pendant le travail postural ou respiratoire. La concentration permet ainsi d’apaiser tous les mouvements de la pensée. C’est le point de vue avec lequel on décide d’engager la séance de yoga. Le bhâvanâ peut avoir différents supports : le souffle, les sensations dans une ou plusieurs parties du corps, l’ouverture d’une zone, l’ancrage, la légèreté ou même une règle de comportement avec soi-même ou les autres (yama et niyama), par exemple la notion de non-violence (ahimsa) ou de vérité (satya) Les postures, les techniques respiratoires et les temps d’introspection sont ingénieusement associés en suivant ce bhâvanâ, ce qui ouvre aux élèves de nouvelles perspectives sur leur pratique. Il est très enrichissant de vivre une même posture à la lumière de bhâvanâ diffférents.

3. La notion de progression (krama)

Le yoga de T.K.V. Desikachar préconise une recherche de progression (krama, étape par étape) dans la pratique du yoga, qu’il s’agisse de la découverte d’une nouvelle posture, d’une respiration, etc.

Dans le cas de pratique posturale, le pratiquant débutera avec une phase dynamique pendant laquelle la posture (âsana) est répétée au minimum trois fois (en la synchronisant avec le souffle) ceci afin de préparer le corps et permettre la progression de la posture. Après cette répétition, on peut passer à la phase statique : la posture sera maintenue dans l’immobilité (pour poser le corps et l’esprit) et la durée (2, 5 mn jusqu’à 10 mn). Bien entendu, on peut prendre la posture directement en statique. On l’effectue alors en krama, c’est-à-dire graduellement, à l’aide de la respiration qui va permettre d’aller plus loin pour atteindre un état optimal.

On vise l’équilibre entre postures symétriques – asymétriques et enchaînements dynamiques – statiques. Les exercices les plus difficiles sont préparés par les précédents par un enchainement progressif.

On vise aussi une recherche de progression de la séance : chaque séance est conçue autour d’une posture centrale, avec des postures de préparation et une ou deux contre-postures, appelées postures de compensation puisqu’elles servent à supprimer les effets négatifs ou douloureux de la posture centrale, du moins pour ce qui a été sollicité d’une façon très intense. La contre-posture garantit l’équilibre corporel : elle agit comme une compensation et protège le pratiquant de douleurs ou de tensions pouvant accompagner les postures plus exigeantes.

4. La notion de synchronicité entre le mouvement du souffle et celui du corps (vinyasa)

Vinyasa signifie « souffle synchronisé avec le mouvement ». Il s’agit de faire un mouvement sur chaque temps du souffle. En règle générale, on inspire lors des mouvements d’ouverture, d’extension arrière, d’expansion ou d’étirement vers le haut, on expire dans les fermetures, les mouvements de flexions avant, latérales, les torsions, les contractions ou les prises de posture.

Dans certains cas, on inverse cette règle afin de goûter à un effet et une perspective différents. La respiration invite le corps physique et le système nerveux à se relâcher et, par voie de conséquence, détend le mental. Pendant la séance plusieurs façons de respirer peuvent être proposées selon l’effet recherché : respirations abdominale ou yogique, avec ou sans la respiration sonore dite « ujjayi », avec ou sans rétention du souffle… le rythme peut également varier : expiration plus longue que l’inspiration, de durée égale, etc….

5. La notion de pratique intense (abhyâsa) et détachement intérieur (vairâgyâ)

Patanjali nous livre au chapitre I, dans l’aphorisme 12 des yoga sûtra, la toile de fond de toute pratique de yoga : « Abhyâsa vairâgyâbhyâm tan nirodhah » qui veut dire « l’arrêt des pensées automatiques s’obtient par une pratique intense dans un esprit de lâcher-prise. »

Abhyâsa est l’effort de persister – qu’il s’agisse d’une décision, d’une activité, etc. – sur une longue période de temps, avec diligence et de tout son cœur. Vairâgyâ est l’absence de passion pour les fruits d’un tel effort. Ce détachement est la clé susceptible de nous extraire de la logique volontariste, du besoin de contrôle et d’obtention de résultat.

6. La notion de fermeté (sthira) et de bien-être (sukha)

Dans les yoga sûtra de Patanjali, à l’aphorisme 46 du deuxième chapitre, la posture (âsana) est définie par la présence simultanée de deux qualités : sthira sukham âsanam (« ferme et confortable devra être la posture »). Sthira signifie fermeté, stabilité, rigueur, sukha se rapproche du bien-être, du lâcher-prise. L’un n’est parfait qu’en présence de l’autre. « C’est l’attention sans la tension, la détente sans la mollesse », selon le commentaire de T.K.V. Desickachar.

Durant une posture et entre chaque posture, l’enseignant-e propose un temps de « non faire », destiné à l’écoute des sensations corporelles. Cet état crée de l’ouverture dans le corps et amène naturellement à l’expérience de sthira-sukha.